Exposition O-Jullien, JF-Robic, F-Laporta
Du 14 au 23 juillet 2026, 15-18h
Salle Herri Léon, Melon, Porspoder
Exposition O-Jullien, JF-Robic, F-Laporta
Du 14 au 23 juillet 2026, 15-18h
Salle Herri Léon, Melon, Porspoder

Plantes, gestes et supports
Ces 3 artistes diffèrent mais établissent un dialogue clair entre les figures, les supports et leurs gestes bien identifiables. Le sujet commun de la végétation est lignes, surfaces et volumes et aussi structures vivantes. Les plantes, petites et grandes se déploient dans le temps et l'espace. On retrouve chez ces 3 artistes, une manière de traiter cette nature.
O. JULLIEN. Dessins sur cartes
exécutés aux stylos à bille
Façon de dériver sur des cartes au graphisme strict. Les arbres qui les recouvrent prennent forme au cœur de traits apparemment rageurs et confus, eux aussi contraints par 10 couleurs et une seule épaisseur de trait. Geste répétitif plutôt que dessin linéaire.
Les cartes sont des arborescences de routes et chemins qui s'adaptent aux reliefs et éléments naturels ; traduction visible des présences humaines proposante une vision dominante, neutre et atemporelle.
A contrario, le dessin au stylo, s'il utilise les mêmes outils (le trait régulier, sans épaisseur) tend à recouvrir les surfaces, à les brouiller au lieu de les préciser. La représentation en perspective implique un point de vue unique et subjectif, témoin de l'instant.
Les écarts de couleurs sont imposés par les contraintes techniques de l'outil (les 10 couleurs des stylos) mais encore une façon d'enchanter une représentation trop naturaliste tout en respectant les valeurs, les effets de lumière.
Les dessins sur cartes postales, resserrent le point de vue, sur les troncs et les branches, nœuds de liens, ils sont dessinés sur ces cartes postales qui voyagent et entretiennent des rapports subtils entre expéditeurs et destinataires.
Les quadrillages par 16, 12 ou 6 témoignent de la manière de procéder, qui est une mise au carreau de photographies, permettant la représentation, rectangle par rectangle des entrelacs insaisissables de branches. Le résultat laisse voir une grille commune à toutes ces visions, comme une fenêtre.
Les frappes de Jean-François ROBIC
Encre de chine sur papier
JF ROBIC frappe brutalement ses grands formats de papier épais, avec des branches, feuillages, algues préalablement trempées dans l'encre. Passage rapide dont on conserve la trace. Comme une image primitive, une ombre. On retrouve aussi la tradition des herbiers dans lesquels les plantes sont mises à plat. De volumes et surfaces déployés dans l'espace, elles deviennent silhouettes sans couleurs.
Il y a une dimension primaire des origines de l'image (ombre portée et empreinte).
L'artiste accepte le hasard et les accidents, joue encore avec l'eau et les lavis de ces encres, qui nuancent les valeurs et lumières.
Les noms des plantes, écrits en breton ramènent au patrimoine de la flore locale et singularisent chaque empreinte, qui devient ainsi comme un portrait volé de la plante.
Comme il s'agit d'empreintes et de traces, nous sommes confrontés non pas à une vision ou une image, mais à une présence physique qui monumentalise, une « vérité ».
Dans une certaine tradition, il s'agit de l'origine des figures (des pochoirs de mains à la « véronique » vera icona). La présence physique est aussi celle de l'artiste et de son geste énergique.
Françoise LAPORTA
inscrit le dessin dans la terre et l'espace
Des ramures, feuillages et figures, tracés lentement et délicatement à main levée, lentement sur ces surfaces poreuses et courbes sont ensuite figés par la cuisson de la terre.
C'est une manière de restituer du volume aux feuillages mis à plat par le dessin. L'intérêt de la céramique et de la poterie est de présenter des figures qui n'ont pas de sens, ni droite, ni gauche, ni haut, ni bas. Pas de cadre, pas de distance.
La main et l'oeil appréhendent ensemble les œuvres.
Parfois en positif, parfois en négatif très patiemment grattés sur fond noir, les motifs sont plus que des décors, ils imposent un respect dû à l'objet et à sa facture, sa matière, son volume.
La ligne à main levée, bien que très précise laisse voir une légère vibration du geste, une petite incertitude qui se retrouve dans les formes régulières des plats, vases et bols, très fins, aux sensibles irrégularités. L'apparition d'êtres vertébrés, oiseaux et squelettes établit un lien entre différents aspects du vivant et les plantes.
O. Jullien
22 mai 2026
Entrée libre.