Exposition participative

 

« Autour de mariages

 

Porspoder et ses environs 1900-1970 »

 

Vendredi 20 et samedi 21 février 2026

 

Entrée libre 14h-18h

 

Hall Espace Herri Léon, Melon, Porspoder

 

 

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Pour illustrer notre dernière publication, Le LIEN n°21, et se retrouver autour de pages de vie heureuses.

 

L’exposition est construite autour de tenues traditionnelles de Michelle Calvez et de divers prêts. 

Cette exposition est complétée par :

 

 

Entrée libre

 

On en parle :

 

 

Quelques photos de l’exposition

 

 

     

 

 

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Zoom sur quelques particularités (Toutes ces tenues traditionnelles ont été prêtées par Michelle Calvez)

 

Les costumes féminins sont moins austères que ceux des hommes.

Le grand châle coloré aux teintes pastels et porté lors des cérémonies religieuses reste avec la coiffe la pièce maîtresse du costume.

Ce costume de cérémonie devait être porté avec le plus grand soin pour obtenir le résultat escompté : LA PERFECTION.

 

 

LE LEON PAYS DES GRANDS CHÂLES

Le port du grand châle s'étend jusqu'au Trégor et le Penthièvre.

De par la position géographique du Léon il est surprenant de voir que la mode des grands châles s'est développée dans cette région excentrée où les modes arrivent plus tardivement ;

On peut penser que ces grands châles sont arrivés par la mer et introduits par les caboteurs faisant le trafic saisonnier (légumes, oignons ect..) entre la Bretagne et l'Angleterre alors grande productrice de draperies et auraient donc fourni la matière première.

Ces grands « Shalls » adoptés au 18ème siècle seraient donc issus d'une mode outre manche...

 

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    CHÂLE TAPIS

 

LE CHÂLE CACHEMIRE dit CHÂLE TAPIS

 

Il est originaire du Cachemire en INDE

C'est à la fin du 18ème siècle que les femmes anglaises découvrent les châles du Cachemire amenés par les bateaux de la Compagnie des Indes.

Les françaises succombent au charme de ces étoffes exotiques (bourgeoises, femmes d'armateur, et capitaines de navire) que les soldats de Bonaparte leur offrent au retour de la campagne d'Égypte.

La vogue du châle se répand comme une traînée de poudre.

Une nouvelle industrie de tissage se développe en Europe pour répondre à cette vague croissante et notamment à Lyon.

Il se démocratise dans le temps, dans le Bas-Léon il est porté par de riches paysannes propriétaires. Il y en a beaucoup au début du 20ème siècle.

Après 1915 il est porté lors des mariages bien souvent loués ou prêtés car trop chers pour de simples paysans.

 

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Robe de mariée de XXX ?

   

 

 

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Robe de mariée de fin du XIXème

   

 

LES COIFFES

C’est un signe extérieur d'une identité, un sentiment d'appartenance à un pays ou une paroisse.

Du Moyen Age au 18ème siècle la coiffe est nationale.

En Bretagne elle est avant tout une obligation : Se protéger des intempéries et ses attributs féminins pour empêcher toute séduction.

Dans sa forme primitive la coiffe est constituée d'un fond sur l'arrière de la tête masquant la chevelure et d'une visagière encadrant le visage.

Il faut attendre le 18ème siècle pour voir une réelle évolution.

Les coiffes deviennent alors objets d'appartenance et les différences apparaissent de paroisses en paroisses.

Ce qui fait que la coiffe devient la carte d'identité de celle qui la porte.

 

Coiffes de la collection de Michelle Calvez

 

Les noms donnés aux coiffes et costumes sont souvent des surnoms donnés par moquerie par les voisins, puis adoptés et même revendiqués et qui sont parfois devenus ensuite le nom du pays qui les portent. 

  • Pour le Trégor : la toukenn (de touque : dame-Jeanne), la katiolle ou la cornette (la cornette est portée dans plusieurs régions, de même que le capot).

 

  • Pour le Léon : la Poch Plad (poche plate) ou queue de homard ou queue de langouste.

 

  • Dans l'est, une coiffe portée vers Morlaix est la sparl, sparlen surnommée Numéro huit et tintaman ; 

 

  • Celle de Landerneau s'appelle la Marmotte.

 

  • Celle du pays Pagan est dite kernapa.

 

  • Vers Plouescat et St Pol, on porte la chikolodenn.

 

  • Le pays de Landivisiau porte la mode julod, par exemple le justinoc h veste des hommes.

 

  • Sur l'île de Batz : la chibilinenn et pour l'été le togheol (sur l'île de Sein, la coiffe est dite chipilienne)

 

  • A Brest on trouve la genoss (je n'ose ?), la marmotte ou hors les murs

 

  • Dans le Bas-Léon (Saint Renan) on parle de penn paket, choukenn et krakik.

 

  • Dans la région de Carhaix, les femmes portent la mode penn calvez ou corleden, les hommes la mode fisel. La coiffe très simple est la koef plad (coiffe plate).

 

  • Vers Gouarec, le type de coiffure (chignon bas dans une résille) est appelée coiffure fanch.

 

  • Dans la région de Chateauneuf du Faou, la coiffe à brides aérienne est nommée : Dardoupezenn

 

  • A Quimper, les femmes sont appelées borledenn du nom de leur coiffe en fil brodé borleden (bord large), mais elles ont ensuite porté la coiffe pichou, pitchourell (aussi nommée bijou vers Plomelin), coiffe à huppe, à capuchon. Leur costume est brodé de fil de soie aux couleurs glazik, composé d'un gilet et d'un chupen.

 

  • Au Faou, elle est nommée Kernevodez, en tulle blanc à trous carrés.

(http://site.voila.fr/bretonnes/pazelcoiffe.htm)

 

 

Coiffes de la collection de Michelle Calvez

 

Il s'agit plus d'une mode de ville que celle d'une contrée, les coiffes de Brest Landerneau sont moins des coiffures paysannes que des coiffures d'artisanes ou de citadines.

La Marmotte, dite également « Jenoss ou Je n'ose », évoque la cour qui était faîte jadis aux jeunes filles, (je n'ose vous parler mademoiselle)

On les rencontre plus dans les villes et bourgs qu'à la campagne qui appartient à la mode de St Renan.

On les retrouve également dans quelques communes de la côte comme le Conquet, Lanildut, Porspoder, Landunvez.

Toutes ces coiffes ont un trait commun, les brides pendent attachées sous le menton ou sur la poitrine.

La coiffe peut être brodée ou non. Elles sont portées communément avec le grand châle.

 

LA COUTUME DES GLOBES DE MARIAGE

La coutume de mettre couronne, bouquet et autres souvenirs de mariage sous verrine (ou globe) s'est limitée à la France et a concerné essentiellement les catholiques.

La couronne en fleurs d'oranger, qui évoque la virginité et aussi l'éternité - car elle ne s'altère pas avec les années - est posée sur le coussin au centre du globe après le mariage. Le globe est ensuite mis en évidence dans la pièce principale et devient la plus belle ornementation du nouveau foyer.

L'ornementation du globe

Motifs en métal doré et miroirs qui composent la garniture du globe sont choisis par les fiancés.

Jusqu'à la fin du XIXème siècle, motifs et miroirs jouissent, dans les croyances, d'un pouvoir réfléchissant censé combattre efficacement le regard malveillant. Tous ont une signification aujourd’hui occultée.

 

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Le miroir en tant que surface réfléchissante, est le support d'un symbolisme extrêmement riche dans l'ordre de la connaissance. Symbole de la lune qui réfléchit la lumière du soleil, il est aussi celui de la sagesse et du savoir (le miroir couvert de poussière étant celui de l'esprit obscurci par ignorance) est également l'emblème de la reine.

    • Sous le globe, le miroir central symbolise le reflet de lame, la vérité.
    • Le triangulaire, la fécondité (il a en effet une forme analogue au germe de mais lorsqu'il crève la surface du sol quatre jour après avoir été planté. Le nombre de miroirs rectangulaire indique les années qui ont séparé les fiançailles des noces
    • Les miroirs ovales sont des porte-bonheurs offerts par les demoiselles d'honneur qui ont le privilège de participer à la cérémonie d’habillement de la mariée. En piquant les épingles dans la coiffe elles pensaient augmenter leurs chances elles aussi, un époux au plus tôt.
    • Les miroirs à courbes ellipsoïdales qui gravitent autour de la couronne et qui évoquent le nœud magique, symbolisent l'union de deux êtres. Lorsque leur disposition fait penser à un collier, ils symbolisent un engagement indéfectible.
    • Nœud magique et collier sont bénéfiques. Ils sont un moyen de défense contre les animaux sauvages et nuisibles, les maladies et les sortilèges, contre les démons et la mort
    • Les miroirs losanges symbolisent l'union des deux sexes ; ils sont aussi le signe du bonheur en amour.
    • Le miroir trapèze symbolise l'entente

Sept miroirs dans la garniture du globe représentent les sept dons de l'Esprit Saint : Sagesse, Intelligence, Conseil, Force, Science, Piété et Crainte de Dieu.

L'ornementation en métal doré est réalisée avec du cuivre couvert d’une mince couche d'or décorative. L'or, quintessence du cuivre, est le principe de la construction cosmique, de la solidité, donc de la solidité humaine et, par extension, le principe du bonheur.

La signification des motifs en métal doré est encore présente dans la mémoire des personnes âgées.

    • La feuille de chêne symbolise la longévité du couple.
    • La feuille de tilleul, la fidélité.
    • La feuille de lierre, l'attachement : « je m'attache ou je meurs ».
    • La grappe de raisin, l'abondance et la prosperite.
    • La colombe avec à son bec une couronne de laurier, la paix dans le foyer.
    • Le couple de martins-pêcheurs, fidélité conjugale.
    • L'oiseau était comparé à la femme : « Comme l'oiseau fait son nid, la femme fonde la famille ».
    • Lorsqu'une femme accouche d'un enfant mort-né, elle ajoute un ange en porcelaine à l'ornementation de son globe.

 

Les reliquaires d'amour

Dans le globe, à côté des bouquets de fleurs d'oranger, on ajoute des souvenirs et objets symboliques : couronne de rosière, jarretière, alliance... petits miroirs en losange qui indiquent le nombre d'enfants désirés par le couple, miroirs rectangulaires qui signalent le nombre d'années écoulées entre la rencontre et le mariage. Des feuilles de lierre en laiton doré, des épis de blé, des feuilles de tilleul symbolisent, respectivement, des signes d'attachement, de fécondité, de fidélité. La présence d'un oiseau tenant une couronne de laurier signifie que la femme, comme l'oiseau, fonde sa famille.

Toutefois, les interprétations sont variées car basées sur la tradition orale.

Au fil des ans, des objets s'ajoutent aux autres : des angelots en porcelaine, des cheveux, des médailles... Le contenu de ces reliquaires symbolise des événements importants, heureux et malheureux, vécus par le couple.

Aujourd'hui, des dizaines de globes de mariés sont exposés dans des musées (belle collection à Saint-Joachim), d'autres sont encore vendus par des commissaires-priseurs et des antiquaires, mais certaines familles les conservent pieusement. Certains, comme nous l'expliquons page 196, ont été offerts comme ex-voto et ont souvent disparu.

extrait de " Se marier en Bretagne " de Marthe Le Clech

 

 

La fabrication des fleurs d'oranger

La tradition des fleurs d'oranger qui ornent les couronnes de mariée est à situer aux alentours de1830. La fabrication de ces fleurs artificielles a compté en France de nombreuses entreprises dont la plus importante située au cœur de la Brière (en Loire atlantique) employait plus de 80 ouvrières.

A Josselin, un petit atelier a continué cette fabrication jusque dans les années 1980. Les machines utilisées dans cet atelier servaient à estamper les fleurs en tissu.

 

 

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Quelques robes de mariée des années 1960, 1970

 

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